Oser s'engager au lycée : déconstruire les peurs pour développer la soft skills de demain

  • Soft skills
  • 27 Septembre 2026
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À l'heure où le monde professionnel évolue à grande vitesse, les compétences académiques ne suffisent plus.
Les recruteurs, les grandes écoles et les formations supérieures accordent une importance croissante aux SOFT SKILLS : ces compétences comportementales et humaines qui témoignent de la capacité d'un individu à s'adapter, communiquer et collaborer.

Parmi elles, l'ENGAGEMENT figure en tête de liste.
S'engager, c'est bien plus que donner un peu de son temps ; c'est apprendre à prendre des initiatives, à porter des projets et à assumer des responsabilités.

 

Le collège et le lycée constituent des terrains d'expérimentation privilégiés pour développer cette soft skills dans un cadre sécurisé.
Chaque année, les Semaines de l'engagement créent un temps fort dans les établissements scolaires pour informer les élèves sur le fonctionnement des instances démocratiques (CVL, CAVL, conseil d'administration) et des associations lycéennes (MDL, associations sportives, éco-délégués).
C'est l'occasion idéale pour :

  • Débattre librement des sujets qui concernent le quotidien de l'établissement.

  • Rencontrer des lycéens déjà engagés qui partagent leur retour d'expérience.

  • Poser sa candidature aux élections lycéennes et devenir acteur du changement.

 

 

Cette année, cela se déroule du 21 septembre au 3 octobre 2026.
Dans mon établissement, cette année, nous avons organisé un forum de l'engagement sur le temps du midi. Il réunissait les instances  démocratiques (CVL, MDL, Ambassadeurs Phare) et les différents clubs du lycée. Cela a permis aux élèves de voir ce qui se faisait dans leur établissement et les membres du CVL, de la MDL expliquaient leur rôle dans l'établissement.

Cependant, en échangeant avec les élèves, le constat est saisissant : beaucoup d'entre eux rechignent à s'engager.
En tant que praticienne en soft skills, une question s'impose à moi : s'agit-il d'un manque d'intérêt, d'un désintérêt assumé ou simplement d'une question de priorités ?

Pourquoi est-il si difficile pour un jeune de s’engager ?

Derrière un « Je ne veux pas être délégué » ou un « Ça ne m’intéresse pas », il peut y avoir bien autre chose qu’un manque d’envie.

Avant de dire : « Les jeunes ne veulent pas s’engager. »

Demandons-nous plutôt : « Qu’est-ce qui pourrait les empêcher d’oser ? »
Car s’engager, c’est sortir un peu de sa zone de confort. Et cela peut faire peur.

 

Croyance ou peur fréquente La réalité du terrain
« Je n'ai pas le temps, j'ai déjà trop de choses à gérer »

L’engagement peut être perçu comme une charge supplémentaire.

Et cette inquiétude mérite d’être entendue.

S'engager ne signifie pas y passer toutes ses soirées. C'est permettre de trouver une forme d’engagement compatible avec leurs envies, leurs disponibilités et leurs priorités.

Quelques heures par mois au sein de la Maison des Lycéens (MDL) ou du Conseil de la vie lycéenne (CVL) suffisent pour mener des actions concrètes. 
« Ma voix ne compte pas, ça ne changera rien. » C'est faux : les instances lycéennes gèrent de vrais budgets et disposent d'un pouvoir d'initiative réel (aménagement des espaces, événements culturels, actions écoresponsables).
« Je n'ai pas les compétences pour le faire. » On ne s'engage pas parce qu'on sait déjà tout faire, mais pour apprendre. L'engagement est ouvert à tous, sans condition de notes ou de profil. Chaque sensibilité et chaque talent a sa place.

Au lieu de demander : « Qui veut être délégué ? »
on pourrait demander :« Quel problème aimeriez-vous améliorer dans votre lycée ? »
Puis : « Qu’est-ce que vous pourriez faire pour y contribuer ? »
Le point de départ devient alors le besoin ou l’envie, et non le statut. C’est une manière différente d’entrer dans l’engagement.

« Et si les autres se moquent de moi ? »

À l’adolescence, le regard des autres prend une place importante. Se présenter comme délégué, prendre la parole devant une classe ou proposer une idée signifie parfois accepter d’être davantage visible.

La peur du jugement peut alors devenir un frein.

Le jeune peut préférer : « Je ne me présente pas, comme ça je ne prends pas de risque. »

Comment développer l’engagement au lycée ?

L’engagement se développe difficilement avec une injonction.

« Engagez-vous ! » ne suffit pas.

Il faut créer des situations dans lesquelles le jeune peut expérimenter, réussir, se tromper, recommencer et constater qu’il a une capacité d’action.

1. Commencer par des petits engagements
Tout le monde n'a pas besoin de devenir élu du CVL. Un premier engagement peut être :

  • participer à une action ;
  • aider à organiser un événement ;
  • prendre une responsabilité dans un projet ;
  • proposer une idée ;
  • réaliser une affiche ;
  • interviewer des élèves ;
  • participer à une campagne de sensibilisatio

2. Partir des centres d’intérêt
Un jeune qui aime :  créer / parler /protéger l’environnement /
 organiser / aider * / faire du sport /  lire / créer du contenu /communiquer

Il ne s’agit donc pas seulement de demander : « Veux-tu t’engager ? »

Mais : « Qu’est-ce qui t’intéresse suffisamment pour avoir envie d’agir ? »
 

L’objectif n’est pas de fabriquer des jeunes « engagés » selon un modèle unique. Il est de leur permettre de découvrir qu’ils peuvent avoir une voix, prendre une initiative et agir sur leur environnement.

Les orientations ministérielles de 2026 insistent justement sur l’importance de proposer différentes formes d’engagement et de construire progressivement les compétences et les expériences nécessaires pour permettre aux élèves de s’impliquer.

Et si l’engagement devenait un laboratoire de soft skills ?

C’est peut-être là que se trouve le véritable intérêt.

Au lycée, nous parlons beaucoup de connaissances. Mais les jeunes auront également besoin de savoir : communiquer, coopérer, prendre des initiatives, gérer les désaccords, prendre des décisions, s’adapter, persévérer et prendre leurs responsabilités.

Or ces compétences ne se développent pas uniquement à travers des cours théoriques. Elles se développent aussi dans l’action.

 

Un projet lycéen peut devenir un véritable laboratoire : Je teste. Je me trompe.
J’écoute. Je recommence. Je coopère. Je prends une responsabilité.
Je découvre ce dont je suis capable.

 

En tant que praticienne en soft skills, l'engagement est pour moi une soft skills clé qui permet aussi à apprendre à se connaître.

Qu’est-ce qui compte pour moi ?
Quelles sont mes forces ?
Qu’est-ce qui me donne envie d’agir ?
Dans quel rôle suis-je à l’aise ?
Qu’est-ce que je peux apporter à un collectif ?
Qu’ai-je envie d’apprendre ?

Passer du statut de spectateur à celui d'acteur de sa propre vie : voilà le véritable pouvoir de l'engagement. Les Semaines de l'engagement sont une formidable porte d'entrée, mais le voyage de la découverte de soi continue bien au-delà.

 

 

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